Myllaume

Espace numérique de Guillaume Brioudes

CC-BY-NC-SA

Nous ne sommes pas codeurs

Je trouve mal venu de réduire de nombreux métiers à une pratique, le « codage ». Ce mot est laid aussi ; il nous suggère déjà une distance avec les outils de développement informatiques – alors y être associé, peut-être devrions nous éviter. C’est un besoin de reconnaissance, mais aussi une raison publique : le « codage » n’est pas l’œuvre d’un humain. Quand j’entends dire que je suis « codeur », je me sens écrire du charabiat.

Les développeurs, programmeurs, architectes de l’information, techniciens du logiciel, de l’informatique, du web, de la data – j’arrive déjà trop vite à ne plus parler de métiers mais de secteurs – ne passent pas tous le même temps devant leur éditeur de texte, de code, voire environnement de développement. Ils y viennent pour différentes raisons. Ces personnes redigent pendant tout ou partie de leur temps professionnel des lignes de code – du texte – adressé à une machine informatique en vue de lui donner des instructions.

Ces instructions sont par nature très précises. Cela est conditionné le code, mais il ne doit pas occulter l’environnement et le travail qui le précède – l’arbre qui cache la forêt. Aussi, le code n’est pas une fin en soi puisque c’est par ces instructions que nous allons aboutir à un objet ou un service, le véritable projet de notre travail. Le code ne résume pas non plus nos moyens d’y parvenir. Tous ces gens ne font pas que coder : ils cherchent, concoivent, développent et opérationnalisent des solutions techniques. Le véritable moyen, c’est la reflexion autour de la mise en place de telles solutions : le code n’est que le vecteur normalisé d’un travail essentiellement intellectuel et transmis à une machine informatique à l’écris. Vous n’êtes pas « codeur », vous êtes architecte, intégrateur. Vos mains suivent sur le clavier, mais aussi sur une feuille blanche ; elles portent votre tête perdue dans une longtaine reflexion sur le bon nom de fonction à enregistrer. Ne laissons pas les gens penser, puis dire, que nos métiers concistent à écrire du charabiat.


Écrit par Guillaume Brioudes le